Sur la scène de la jeune création française, certaines marques se distinguent par une approche singulière de la matière et du corps. C’est le cas de MATHO, label fondé par la créatrice Léa Mathonière Fallot, qui développe une vision contemporaine du vêtement où la maille devient un véritable terrain d’expérimentation. Découverte lors de la dernière Paris Fashion Week au Sphere Showroom, plateforme dédiée aux talents émergents, organisée par la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, la marque dévoile sa capacité à associer tradition et innovation. confirme sa place parmi les labels à suivre.

MATHO 

Diplômée de l’École Duperré et de l’Institut Français de la Mode (IFM) Léa Mathonière Fallot a fait ses premières armes au sein de maisons prestigieuses comme Chanel et Hermès. Elle a lancé sa propre marque MATHO, en 2025, pour affirmer son approche personnelle du prêt-à-porter, nourrie à la fois par l’exigence du savoir-faire artisanal et par une curiosité constante pour les nouvelles technologies textiles. Âgée d’à peine 25 ans, la créatrice imagine un vestiaire qui interroge la relation entre la peau, le vêtement et la sensibilité de celui ou celle qui le porte.

La maille comme un seconde peau

Au cœur de l’identité de MATHO se trouve la maille, travaillée comme une véritable « seconde peau ». Loin d’un simple tricot décoratif, la matière devient un langage esthétique à part entière. Les silhouettes jouent avec la transparence, les fils volontairement détricotés et les volumes tactiles, créant un dialogue subtil entre pudeur et dévoilement. Robes, jupes et tops épousent les lignes du corps grâce à des structures ajourées qui accompagnent le mouvement et mettent en valeur la silhouette. Cette approche inclusive s’appuie sur une approche précise du geste qui contraste avec la genèse poétique de la marque : un accident de tricotage devenu manifeste. Si techniquement on va parler d’une « zone de déjaugé », esthètiquement c’est une ode à la révélation des corps qui se décline en motifs qui ondulent et s’enrichissent d’impression 3d. La créatrice l’explique lors de sa rencontre avec Patricia Lerat, toujours sur la piste des nouveaux talents, lors du showroom Sphere.

L’univers de MATHO repose sur cette tension permanente entre tradition et innovation. Si la maille constitue le point de départ du travail de la créatrice, celle-ci l’associe à des procédés technologiques contemporains. Impression 3D, sublimation, gravure laser ou pulvérisation pigmentaire viennent enrichir les surfaces textiles et produire des textures hybrides. Le résultat donne naissance à des pièces aux effets visuels singuliers, parfois proches du trompe-l’œil, qui confèrent aux vêtements une dimension presque sculpturale.

MATHO – conversation avec le corps
MATHO – conversation avec le corps
MATHO – conversation avec le corps
MATHO – conversation avec le corps

Pour le label MATHO, l’usage de l’impression 3D ne relève pas d’un simple gadget technologique, mais d’une volonté d’enrichir la texture et le relief de la maille. Léa Mathonière Fallot utilise ces outils pour repousser les limites du tricot traditionnel en y injectant une dimension sculpturale et organique. C’est avec l’atelier Teintures de France que la créatrice mène des recherches expérimentales incluant la gravure laser, la sublimation, l’impression 3D et la pulvérisation pigmentaire. Ces techniques permettent de créer des effets de trompe-l’œil et des textures organiques inédites.
Bien que technologique, le processus reste très manuel. La créatrice travaille souvent ses pièces à la main après l’impression pour conserver une « dimension sensible » et préserver l’aspect artisanal qui définit l’ADN de MATHO.

Une ligne de bijoux qui complète parfaitement la silhouette

En parallèle de son travail textile, MATHO développe également des bijoux et accessoires conçus comme un prolongement du vêtement. Ces éléments de parure participent à la construction d’un univers esthétique cohérent, dans lequel chaque détail vient souligner les lignes du corps et la sensualité des silhouettes. Ces accessoires, chaine de taille, bracelet de cheville, bijou de corps ou de main, sont pensés pour dialoguer avec les pièces en maille et s’inscrivent dans la même volonté de mouvement et de fluidité.

La ligne de bijoux de MATHO
La ligne de bijoux de MATHO

Un travail créatif déjà récompensé

Le travail de la jeune créatrice a rapidement attiré l’attention du secteur. En 2025, MATHO a remporté le Grand Prix du Prix de l’Entrepreneuriat AMI × IFM, une distinction décernée par l’Institut Français de la Mode. Ce prix, accompagné d’un mentorat d’un an et d’un soutien financier de 20 000 euros, récompense les projets les plus prometteurs de la nouvelle génération de créateurs. La collection présentée par Léa Mathonière Fallot, centrée sur une exploration innovante de la maille et un dialogue constant entre le corps et la matière, a séduit le jury par la précision de sa vision et la cohérence de son univers, comme l’a notamment rapporté le magazine Harper’s Bazaar.