La jeune femme avance sur le runway de sa démarche assurée, son regard direct, tout en légèreté. Elle est mannequin.
Elle prend la pose, donne à son corps une courbe particulière, tend la jambe, place ses bras au dessus de sa tête, sans un trouble de son aplomb. Elle est danseuse.
Elle est assise derrière sa machine à coudre et le tissu qu’elle manipule prend soudain une forme humaine, qui fait déjà apparaitre la silhouette contemporaine imaginée. Elle est designer.
Cette jeune femme, qui a lancé sa marque éponyme, Naïma Djoudi, cache dans son corps de liane, une énergie de lionne. Si elle à déjà parcouru un beau chemin, elle sait que jouer collectif, lui permettra d’aller plus loin. Elle a donc lancé une campagne Ulule, que vous pouvez rejoindre sans tarder pour l’accompagner à finaliser sa nouvelle collection.
Entre drapé et discipline, Naïma Djoudi habille les corps en mouvement
La jeune créatrice a créé une marque inspirée par le tailleur avec un esprit très contemporain. Ses collections sont fondées sur un style genderless, mais elles s’enrichissent de pièces qui précisent le style féminin ou masculin, étendant ainsi une garde-robe qui brille autant par son style que par la précision de sa confection, en somme, coté jardin et coté cour. (Une expression issue du vocabulaire de la danse).
Ses modèles drappent le corps humain d’une douce fluidité et se parent de plis, de drapés et d’échancrure pour toujours laisser la liberté de mouvement. Il ne faut pas négliger de regarder (coté cour, le revers…) la qualité des coutures anglaises, le travail de montage de ces revers et doublures qui expriment parfaitement cette coupe tailleur contemporaine. Le travail de designer de la créatrice évolue entre la technique du tailleur, sa structure, et l’idée du mouvement, inspirée par la danse, parfaite école, qui réclame de la liberté, de la souplesse, mais aussi de l’exigence.




Du style à la gamme chromatique, une démarche romantique
Son parcours au sein de l’ESMOD, lui permet de d’assumer les taches de design et de modélisme et de pousser le sens du détail à son plus haut point, ce qui participe à la personnalité de ses modèles. Ceux-ci sont conçus et réalisés dans son propre atelier avec l’aide d’une collaboratrice qui complète ses compétences.
Engagée à différents points de vue, elle travaille à partir de deadstocks de tissus de matière naturelle, comme la laine ou le lin, qui viennent de Belgique.
Son goût pour les couleurs douces et intemporelles, lui fait apprécier notamment le beige. Mais la créatrice a une manière toute personnelle de la traiter. Elle l’a travaille à partir d’un lin blanc, qu’elle fait macérer dans différents bains de thé noir pour lui donner des couleurs et des nuances qui éloignent ses pièces d’une production industrielle standard.
Après avoir fait deux premières tentatives en collection capsule, la designer a travaillé pour plusieurs maisons parisiennes, mais l’envie de réaliser ses propres modèles, la tenaillait depuis longtemps. Au lieu de faire un saut dans le vide seule, elle a décidé, forte de nouveaux modèles à la personnalité affirmée, de lancer cette nouvelle étape en lançant sa campagne Ulule et en étant présente au Who’s Next.
Naïma Djoudi veut travailler avec des usines en France et en Europe, utiliser des matières de qualité afin de produire des vêtements qui durent dans le temps et favoriser une consommation responsable. Elle est par ailleur en relation avec Feat-Coop, pour construire ses modèles sophistiqués avec des matières nobles et élaborées en France.



En mouvement et engagée
Le jeune créatrice a installé son atelier à Aubervilliers au sein de locaux gérés par l’association Be Cosmo. Cette association transforme la vacance résidentielle en levier de lien, de création et de valeur locale. Be Cosmo a conçu un projet qui permet à des artistes, artisans et acteurs de l’ESS, d’avoir accès à des locaux qui leurs sont loués, en échange de leur contribution à la vie du quartier. Les artistes qui en font partie créent des ateliers chaque mercredi afin d’apporter aux enfants et aux parents une occasion de découvrir toutes sortent d’activités créatives.
En faisant partie de cette association Naïma Djoudi s’engage à participer à l’accès à la culture des enfants, mais aussi des habitants du 18ème avec des ateliers. C’est aussi une manière pour elle d’être proche du milieu artistique qui l’inspire tant, et de créer ses modèles sans se couper d’un monde humain si important .

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