Adeline Rappaz, designer Suisse, a créé sa marque en 2024 après plusieurs étapes victorieuses qui l’on vue gagner son diplôme à la Head de Genève en 2019, puis le Grand Prix de la ville d’Hyères en 2021. Inspirée par un engagement fort en faveur de la cause environnementale, elle a décidé de montrer comment on peut changer les orientations d’une activité qui brille sur le devant de la scène, mais laisse encore une ombre néfaste trop importante en coulisse.
Soucieuse de l’avenir de la planète, la créatrice souhaite offrir une alternative plus responsable et son sens du design et ses savoir-faire lui ont permis de créer une marque artisanale basée sur l’upcycling en imaginant des pièces très couture et en n’hésitant pas à intégrer dans ses collections des matières initialement destinées à devenir des déchets, mais qui entre ses mains se déclinent en vêtement ou accessoires empreint d’un esprit créatif fort.



Adeline Rappaz invite le temps à sa table de travail
Au cœur de sa démarche, la créatrice ajoute à ses réflexions, le temps, que l’on a du mal à apprécier de nos jours et qui contrairement à ce qu’on peut voir en gastronomie, a de moins en moins de longueur en bouche. La créatrice travaille avec cette idée du temps dans sa phase moodboard en allant photographier des endroits abandonnés lors de ses voyages, à la recherche de lieux abandonnés en Italie, en Bretagne et en Suisse. « Une aventure qui m’a permis de découvrir des châteaux et des usines, mais aussi des hôpitaux, des bunkers, ou encore des hôtels. Pendant plusieurs semaines, j’ai photographié ce monde parfois étrange, aux couleurs fanées, aux fresques grandioses ou au murs décrépis pour me les réapproprier« , ainsi que l’explique la créatrice, que j’ai eu le plaisir de croiser à Paris
Adeline Rappaz intègre dans ses pratiques éco-responsables, la teinture végétale et ses nuances, l’impact du temps sur la maturation des teintes, la collaboration avec des artistes spécialisés en tatouage. Elle privilégie un processus méticuleux de recherche et de création qui s’inscrit dans une démarche respectueuse de l’environnement.
L’esprit Haute Couture s’affiche dans les coupes, on remarque le travail autour de la taille et bien sûr toute la partie souvent cachée mais primordiale, qui est le modèlisme de ses vêtements.


Les matières misent en valeur
La créatrice exprime sa passion pour les matières à travers des patchworks floraux, son art de transformer les chutes en pochettes à bijoux recyclées et sa recherche de matières originales pour concevoir des boutons tout à fait originaux. Cela lui permet de proposer un look qui mélange le punk-baroque avec une délicatesse florale premium pour des modèles qui transmettent visuellement un message fort. On note les boutons et accessoires travaillés avec des matières minérales naturelles qui se transforment en perles et qui sont travaillées avec des artisans, montrant comment la designer sait associer savoir-faire et innovation.
Adeline Rappaz propose deux lignes créatives dont l’une a un positionnement Haute Couture, alors que la seconde est une gamme de prêt-à-porter premium en édition limitée, fondée sur l’utilisation de matériaux recyclés, chaque pièce étant fabriquée de manière unique jusqu’à épuisement des stocks.


On note les perles en matière minérale, qui ferment les épaules de ce top


Prix de la ville d’Hyères en 2021 et une collaboration avec un atelier de Chanel
Diplômée de son Bachelor et Master de la HEAD Genève, Adeline Rappaz a donc remporté le Prix du public et Prix de la ville d’Hyères lors du 36e Festival international de la mode, de la photographie et des accessoires d’Hyères 2021. Elle était la seule Suisse présente parmi les finalistes et y a présenté une collection exubérante composée de vêtements entièrement conçus à partir de matériaux recyclés, intitulée « Le temps des rêves ».
Dans le cadre de ce concourt, le groupe Chanel, (partenaire depuis 2014) propose à chacun·e des dix finalistes mode de ce Festival, de développer une pièce en collaboration avec l’un de ses métiers d’art et d’œuvrer ainsi à la préservation des savoir-faire de la mode.
Sa réflexion l’a amenée à associer l’upcycling, le luxe et cette idée de l’impact du temps qui passe sur un objet du quotidien. Le résultat spectaculaire de cette collaboration montre que la durabilité peut être source de créativité. Le détail en est présenté dans le journal suisse Le Temps.


Adeline Rappaz est un des exemples de ces talents créatifs sortis de la Head de Genève, comme également Ilona Roux, jeune designer bretonne qui a suivi son cursus mode dans cette école de mode genevoise réputée et a remporté la première bourse Robert Piguet.
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