Quoi de plus normal et logique, alors que le Palais Galliera nous présente une exposition qui met en valeur les savoir-faire, avec l’exposition Tisser-Broder-Sublimer, que l’on a pu découvrir l’excellence des métiers d’art grâce aux JEMA, avec des démonstrations de broderie et de plumasserie, que, pour prolonger ce beau voyage ou se dessine un travail d’orfèvre de la main, on ait envie de plonger dans un moment de lecture enrichissant.
Ce sont 2 livres aux noms évocateurs, l’Atelier du Brodeur et l’Atelier du Parurier, qui nous proposent ce voyage, opus d’une collection proposée par l’autrice Gwenolée Milleret, historienne de la mode, dans les territoires multiples et plein de surprises de la création. Ils nous révèlent la grande et la petite histoire de ces métiers manuels fascinants, et nous ouvrent la porte d’ateliers, réservés en temps normal qu’à quelques privilégiés.

Ces 2 ouvrages nous invitent à nous plonger dans des activités qui valorisent le travail de la main, à regarder plus en détail les oeuvres des créatifs et à s’interroger sur les artisans et les artistes qui ont contribué à leurs réalisations, que cela soit par un travail de la main ou de la machine, au delà de la griffe du couturier ou du marketing de la marque. Ces livres parcourent les aspects historiques, économiques mais évoquent également la dimension sociologique de ces métiers d’arts et nous permettent de prendre conscience des activités domestiques accessibles à la femme au cours des dernières décennies.

Atelier du Brodeur et Atelier du Parurier, des livres qui dévoilent ces savoir-faire d'exception, comme la broderie
Quelques modèles de robes Haute Couture qui faisaient appel à ces savoir-faire dans les années 40 ( Magazine Vogue), comme (de gauche à droite) Jacques Heim, Maggy Rouff, Marcel Rochas, Robert Piguet et Paquin.

L’Atelier du Brodeur

La broderie est souvent traitée sur le plan historique et technique, mais elle reste souvent méconnue dans sa dimension professionnelle et sociologique. Fée des couvents, brodeur du Roi, tailleur-brodeur, compositeur de broderie, directeur artitique… qui sont ces artisans d’hier et d’aujourd’hui ? Comment ces métiers de la broderie ont ils évolué au cours d’un passé plus ou moins proche, juqu’à notre époque contemporaine, du monde rural vers les grands centres urbains ?
Ce livre nous emmène à travers ces sujets dans un grand voyage autour du globe, à la découverte des brillants foyers de production en Europe, des savoir faire inégalés des brodeurs chinois, découverts en partie grâce à la route de la Soie, sans oublier de regarder de l’autre coté de la Manche avec la broderie anglaise, sage et monochrome. On sait également que du coté de l’Ukraine de nombreuses compétences sont présentes. L’ouvrage va vous ouvrir les portes de certains ateliers renommés comme Lesage, mais aussi ceux de Shikha Malik ou de Souheila Haddad, personnalité franco algérienne qui est professeur certifiée de….. broderie japonaise.
La broderie est un art cosmopolite et au grés des recherches de l’autrice et de ses échanges de ces femmes et hommes de l’art, elle nous fait part de ses conclusions et notamment qu’outre la passion, c’est l’extrème précision du geste de la main qui est le garant de la pérennité de ce métier.

Ouvrez donc ce livre avec précaution, d’un geste doux et précis, pour découvrir cette enquête superbement illustrée, ou l’auteur propose une mise en miroir des pratiques de la tradition et des enjeux de la création contemporaine. Féru d’art du fil et de mode, professionnels et créatifs, artisans, passionnés par le patrimoine culturel, étudiant, chacun peut découvrir avec plaisir et profits ces pages qui mettent en lumière des métiers qui ont tendance à rester dans l’ombre.
Ainsi que nous le rappelle, l’ouvrage du Palais Galliera lié à l’exposition évoquée plus haut, la broderie est un langage universel aux multiples variantes. Elle est présente dans les cultures du monde entier et les recherches historiques montrent qu’elle existait avant l’écriture.

Atelier du Brodeur un livre qui dévoile ces savoir-faire d'exception et notamment de la broderie
L’Atelier du Brodeur – Publishroom Factory

L’Atelier du Parurier

La parure accompagne la silhouette humaine depuis la nuit des temps. L’art de ce vêtir est motivé par trois finalités: Préserver la pudeur depuis qu’ Eve a croqué la pomme, protéger le corps de son environnement extérieur, du froid comme de la chaleur et se parer pour faire une entrée remarquée dans le théâtre de la société.
C’est précisément la troisième motivation qui mobilise les savoir-faire des paruriers, artisans des modes vestimentaires depuis leurs émergences à l’automne du Moyen-Âge en Europe. Cet ouvrage nous permet de pénétrer dans cet espace ou l’on se pare, de mieux comprendre les mécanismes de la parure, d’ailleurs bien antérieur au concept de mode et de nous faire découvrir cette histoire très riche qui compte jusqu’à 52 types d’ornements, sur lesquels un tiers concerne les plumes et les fleurs artificielles. Ce sujet est donc largement développé dans le livre.
Comme l’ouvrage évoqué précédemment, ce livre vous permet de pousser les portes de différents ateliers, lieux de créations pour la haute couture qui pour certaines d’entres elles sont entrées dans l’histoire, car plusieurs experts ont accepté d’offrir l’hospitalité à l’autrice, comme ce maître d’art en fleur précieuse par exemple, ce qui permet de jeter un pont entre le passé et le présent et de faire connaissance avec la nouvelle génération d’artistes plumassiers.
L’ouvrage devient un manifeste en faveur de la transmission de ces métiers, qui demeure la clé de voûte de ce monde d’artisan et d’orfèvre.

  • L’atelier du Parurier – Editeur
Atelier du Parurier un livre qui dévoile ces savoir-faire d'exception
L’atelier du Parurier – Editeur

La dentelle a été un sujet de valorisation de l’apprentissage, de tout temps.

Le hasard des lectures m’a fait tomber au même moment sur un article du Carnet des Artistes, datant de 1917, une revue des Arts anciens, modernes et appliqués. Il évoquait la manière de faire évoluer l’apprentissage de la dentelle, car la première guerre mondiale pouvait faire disparaitre ces compétences territoriales en France et en Belgique, suite à l’invasion allemande, qui allait capter cette compétence.
Un rapport conçu depuis Grenoble, recommandait de créer de nouveaux centres d’apprentissage de la dentelle. C’était l’occasion de faire un petit tour de France en présentant la dentelle aux fuseaux de la région de Haute Loire, l’Irlandette faite au crochet en Bretagne, du filet brodé, de la broderie lingerie et du Venise en Haute Saone, dans les Vosges, mais aussi en Normandie et dans le Perche.
Le constat là aussi mettait l’accent sur l’habileté et la perfection, une exigence qui permet de rendre ce travail rémunérateur et, problème d’une autre époque, pouvait aussi être un remède à l’émigration des campagnes vers les villes. On découvre que si la broderie dans les Vosges s’est développée grâce à des compétences venues de Suisse au 18 ème siècle, l’activité s’est développée à cette période, grâce à l’exportation notamment aux Etats Unis.

Editions Le Carnet des Artistes – 1917 – Articles sur la dentelle

Comprendre la mode, mieux appréhender une histoire passionnante qui ne tient qu’à un fil, grâce à des cours du soir

l’Université PSL  a mis en place un cycle de cours du soir sur différentes thématiques en Art, Science ou Histoire. Conçus en s’appuyant sur des cycles de 20 heures, ils sont accessibles en présentiel et à distance, pour s’intégrer facilement au quotidien. Ils ne nécessitent aucun prérequis. Ce modèle pédagogique unique, allient exigence académique et flexibilité. Cet enseignement de haut niveau est dispensé par des intervenants experts, capables de rendre accessible les sujets abordés, dans toute leur richesse et leur complexité.
Deux formules vous sont proposées :

  • Une offre en présentiel (avec la possibilité de suivre également les cours en direct en ligne et en replay),
  • Une offre 100% en ligne.

Parmi les diciplines proposées, en Art, Science ou Histoire, celle qui nous intéresse, la Mode, est abordé, et animée par Gwenolée Milleret, ici sous sa casquette d’enseignante en histoire de la mode et auteure, qui vous propose, au cours de 13 séances, de lire la trame de ces passés enchevêtrés à partir de trois fils conducteurs :

  • Le discours de la mode, prompt à sortir des cadres prescrits par la société.
  • Les objets et les matières de la mode ;
  • Les représentations de la mode, pourvoyeuse d’images commerciales et artistiques ; 

Son étude du vêtement, lui permet de nous emmener dans l’antichambre de l’Histoire et de nous éclairer sur l’évolution de ce secteur aux multiples ramifications. Façonnée à la fois par l’idéal esthétique d’une société et les exigences du commerce, la mode en promeut la recréation illimitée. En déclinant à l’infini le principe de parure, elle jette des ponts entre les époques, tisse une continuité et nourrit une quête perpétuelle de nouveauté. Les artisans de la mode, les stylistes et les designers se transmettent, de génération en génération, les secrets de ce processus créatif, et ce depuis le Moyen Âge.

Lieu en présentiel : Campus de l’Université PSL, 3 rue Amyot, 75005 Paris.

Découvrir le programme : La mode sous toutes ses coutures

Cours du soir pour mieux découvrir l'histoire de la mode
Découvrir le programme : La mode sous toutes ses coutures
Cours du soir pour mieux découvrir l'histoire de la mode
Découvrir le programme : La mode sous toutes ses coutures

Guénolée Milleret, experte de la mode

Ancienne responsable des archives documentaires de la maison Yves Saint Laurent, Gwenolée Milleret enseigne l’histoire de la mode à l’École des Arts Décoratifs – PSL (Paris). À travers ses nombreuses publications, elle contribue à la redécouverte du patrimoine iconographique constitué au fil des siècles par l’édition d’art documentaire et la presse spécialisée. Dans le cadre de ses recherches centrées sur les métiers de la mode, elle s’attache à mettre en lumière les savoir-faire dans leur dimension tant historique et sociologique que contemporaine.
On avait ainsi pu déjà découvrir le rôle primordial du Modéliste, avec dans cette série de l’Atelier, l’Atelier du Modéliste, mais aussi quelques histoires savoureuses ét épicées qui associent couture et cuisine avec Histoire de la Mode et de la Cuisine en 6 escales  et à l’heure ou en entend à coté de chaque portant le mot d’Upcycling, ce petit tour d’histoire qui a de belles choses à nous faire comprendre avec Les Cousettes du Petit Echo, une présentation de cette mode circulaire, idée vertueuse que nous enseigne notre histoire.
En parallèle de ses activités professionnelles, Guénolée Milleret est la fondatrice de l’iconothèque Images GuenoMiller, un fonds documentaire en accès libre en ligne, riche de 17000 documents rares (gravures de mode, mobilier, vues d’intérieur et d’architecture des X VIIe, XVIIIe, XIXe et XXe siècle).


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